Pèlerinage en Terre sainte : est-ce possible aujourd'hui ?

Terre sainte en 2026-2027 : ce que dit le ministère des Affaires étrangères, ce que font les agences, la formalité ETA-IL, l'assurance et les alternatives.

Romain Croisade 6 min

La façade et le parvis de la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem, au crépuscule

Beaucoup de lecteurs nous demandent la même chose : peut-on partir en Terre sainte maintenant ? La réponse honnête tient en deux phrases. Le voyage est possible : des agences spécialisées programment des départs et les Églises locales invitent à revenir. Mais il se fait contre l'avis officiel du ministère des Affaires étrangères, ce qui change l'assurance, la responsabilité et le choix d'y aller seul ou non.

Cet article ne prend pas parti sur le conflit. Il donne l'état des informations au 25 octobre 2026, les sources pour les vérifier, et la façon dont nous vous aidons à organiser la suite. Cette page se périme vite : vérifiez toujours les sources citées à la fin avant de payer quoi que ce soit.

Ce que dit le ministère des Affaires étrangères#

Les conseils aux voyageurs pour Israël et la Palestine sont la référence, parce qu'ils conditionnent l'assurance et l'assistance consulaire. Ils indiquent, pour la rubrique « sécurité » (actualisée le 13 mars 2026, page confirmée « toujours valable » le 15 septembre 2026) :

Zone Niveau indiqué
Israël « Déconseillé aux ressortissants français, sauf pour des raisons impératives », y compris pour des visites touristiques et familiales
Plateau du Golan, frontière avec le Liban Formellement déconseillé (tirs de roquettes, attaques de drones)
Pourtour de la bande de Gaza Formellement déconseillé
Jérusalem Déconseillé sauf raison impérative ; tensions récurrentes dans la Vieille ville et à Jérusalem-Est
Cisjordanie Déconseillé sauf raison impérative, en particulier dans le nord ; nombreux contrôles aux checkpoints
Bande de Gaza Formellement déconseillé, tous les points d'accès fermés

Pour la Vieille ville de Jérusalem, le ministère recommande d'éviter les regroupements et de faire preuve d'une vigilance particulière, en particulier les jeudi, vendredi et samedi en fin de journée, moments de prière où la fréquentation est la plus forte aux abords des Lieux saints. Il demande aussi de s'inscrire sur l'application Fil d'Ariane.

Nous ne résumons pas ces avis en « sûr » ou « dangereux » : ce n'est pas notre rôle, et les faits changent d'une semaine à l'autre.

Ce que disent les Églises et les agences#

  • Les Églises locales appellent les pèlerins à revenir. En janvier 2025, le patriarche latin de Jérusalem et le custode de Terre sainte se sont adressés ensemble aux pèlerins depuis le parvis du Saint-Sépulcre, pour qu'ils reviennent en année jubilaire. Terre Sainte Magazine, qui relaie ces appels, titre en septembre 2025 : « Revenez en pèlerinage pour nous guérir ».
  • L'actualité locale reste tendue. Dans la dernière semaine, Terresainte.net rapporte une fusillade aux abords d'une église lors de funérailles chrétiennes en Jordanie (23 octobre), des agressions contre des habitants de Taybeh et des diplomates européens pendant la récolte des olives (20 octobre), et des élections israéliennes le 27 octobre. Ce sont des faits à connaître avant de décider, pas des conclusions.
  • Des agences spécialisées programment des départs. À la date de relevé, Routes Bibliques affiche un pèlerinage de 8 jours / 7 nuits du 21 au 28 décembre 2026 à 1 540 €, disponible ; Terre Entière propose un pèlerinage de 11 jours, avec plusieurs dates mais « certaines informations en cours de finalisation ». D'autres voyages ont été annulés ou maintenus selon les organisateurs : c'est du cas par cas.

Nous n'avons pas pu confirmer, auprès d'une source officielle, l'état actuel des liaisons aériennes directes depuis Paris : ne réservez rien avant d'avoir vérifié auprès de la compagnie (une agence le fait pour vous dans un forfait).

Les formalités d'entrée#

Elles sont stables et vérifiables sur le site du ministère :

  1. Pas de visa pour un séjour touristique de trois mois ou moins.
  2. ETA-IL obligatoire depuis le 1er janvier 2025 : demande en ligne sur le site de l'autorité israélienne de la population et de l'immigration, 25 shekels, valable deux ans. Le passeport doit être valide au moins six mois à la date de la demande. Méfiez-vous des sites intermédiaires : le ministère précise que seul le site de l'autorité est habilité.
  3. L'ETA ne constitue pas un droit d'entrée : la décision est prise à l'arrivée par l'officier d'immigration.
  4. Attendez-vous à des contrôles prolongés à l'aéroport Ben Gourion (le contenu des téléphones peut être examiné) ; ne cherchez pas à dissimuler le motif du séjour.
  5. Il n'y a pas de tampon sur les passeports français : on vous remet une vignette papier bleue, à conserver pendant tout le séjour.

L'assurance : le point qui bloque le plus souvent#

C'est le sujet que beaucoup découvrent trop tard. Dans notre comparatif, Assurance voyage pour un pèlerinage, nous avons relevé que les conditions générales de Chapka Cap Assistance (contrat AXA) et d'AVI excluent les pays ou zones déconseillés par le ministère, alors que Chapka classe Israël dans sa zone « Europe ». Autrement dit, le contrat peut vous couvrir en apparence et ne pas jouer en cas de sinistre.

Avant de payer :

  • demandez à votre assureur, par écrit, si Israël est couvert malgré l'avis du ministère, et séparément si la Cisjordanie (Bethléem) l'est ;
  • lisez la clause d'annulation : une annulation de votre fait, parce que la situation vous inquiète, n'est en général pas garantie ;
  • si vous passez par une agence, demandez ce que prévoit son contrat en cas d'annulation ou d'interruption du voyage pour raison de sécurité.

Agence ou seul ?#

Nous sommes un éditeur, pas une agence : nous ne vendons ni ne proposons aucun voyage en Terre sainte. Sur les destinations où l'on circule seul sans difficulté (Compostelle, Lourdes, Rome), nous vous aidons à tout organiser vous-même. Pour la Terre sainte actuelle, nous ne le conseillons pas en première intention, pour des raisons pratiques et non idéologiques :

  • le ministère déconseille le déplacement, donc l'assistance et l'assurance sont fragiles ;
  • Bethléem se situe en Cisjordanie, avec des contrôles aux checkpoints et une circulation « très difficile » selon le ministère ;
  • une agence immatriculée assume la responsabilité du forfait et des adaptations de programme.

Si vous choisissez une agence, vérifiez son immatriculation (registre Atout France), sa garantie financière, les conditions d'annulation, et ce que prévoit le contrat si le ministère durcit son avis avant le départ. Nous ne touchons rien des agences citées ci-dessus : elles sont données comme exemples relevés le 25 octobre 2026.

Si vous préférez attendre#

Rien ne vous oblige à partir cette année. Reportez de quelques mois, suivez les conseils du ministère (la page indique sa date d'actualisation) et, en attendant, préparez un autre pèlerinage :

Pour aller plus loin#

Sources, relevées le 25 octobre 2026 : ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, Israël-Palestine, sécurité et entrée / séjour ; Terresainte.net et sa rubrique Pèleriner ; Routes Bibliques, Israël ; Terre Entière, pèlerinage de 11 jours. Photographie : jlascar sur Flickr, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

Questions fréquentes#

Le ministère des Affaires étrangères déconseille-t-il Israël ?

Oui. À la date de relevé (25 octobre 2026), il déconseille aux ressortissants français de se rendre en Israël « sauf pour des raisons impératives », et le même niveau s'applique à Jérusalem et à la Cisjordanie. Les régions frontalières du Liban, le Golan et le pourtour de Gaza sont formellement déconseillés. La rubrique de sécurité a été actualisée le 13 mars 2026.

Faut-il un visa pour la Terre sainte ?

Pas de visa pour un séjour touristique de trois mois ou moins, mais une autorisation électronique de voyage, l'ETA-IL, est obligatoire avant tout départ pour Israël (25 shekels, valable deux ans, passeport valide au moins six mois à la date de la demande). Elle ne garantit pas l'entrée : celle-ci est décidée à l'arrivée.

Peut-on organiser seul un pèlerinage en Terre sainte ?

Aucune règle ne l'interdit, mais dans le contexte actuel nous ne le recommandons pas comme première option : la Cisjordanie (Bethléem) impose des contrôles, les conseils officiels sont restrictifs et beaucoup d'assurances excluent les zones déconseillées. Un voyage avec une agence immatriculée, qui assume la responsabilité du forfait, est le choix le plus courant.

Mon assurance me couvre-t-elle en Terre sainte ?

Pas forcément. Plusieurs contrats excluent les pays ou zones déconseillés par le ministère. Demandez à votre assureur une confirmation écrite, pour Israël et pour la Cisjordanie séparément, avant de payer le voyage.

Quelles alternatives à la Terre sainte ?

Si vous reportez, Rome, Fátima ou les chemins de Compostelle permettent de préparer un pèlerinage sans agence ; nous les détaillons dans d'autres articles.

#Israël#Jérusalem#Terre sainte

Romain Croisade · Éditeur

J'édite Voyage catholique ainsi que rois-de-france.com, saint-catholique.fr, croisades.fr et l'annuaire des églises de France guide-catholique.fr. Ici, je fais une chose simple : rassembler ce qu'il faut savoir pour organiser un pèlerinage sans passer par une agence — où dormir et à quelle distance exacte du sanctuaire, comment y aller, ce que ça coûte, combien de kilomètres par étape. Les chiffres viennent de sources ouvertes vérifiables (OpenStreetMap, sanctuaires, offices du tourisme, bureau des pèlerins de Saint-Jacques) et sont indiqués comme tels. Quand une information manque, elle est absente plutôt qu'inventée.

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